Conseil à l'achat : chien de chasse ou chien de garde ?
Quel est exactement le rôle d'un conseil M&A dans le cadre d'un mandat à l'achat ?
C'est d'abord un chien de chasse, si le sourcing est compris dans sa mission : trouver et approcher les cibles qui correspondent aux critères de recherche de son client, en termes d'activité, de taille et de localisation. Cette phase de recherche est chronophage et ingrate : envoyer des dizaines de courriers, puis de relances, sans être sûr du résultat.
C'est ensuite un chien de garde qui, une fois le contact établi avec une ou plusieurs cibles potentielles, doit s'assurer que toute l'information pour faire offre est obtenue ; et surtout que la cible correspond bien à la recherche initiale. Car l'acquéreur peut s'emballer et, emporté par son enthousiasme, son impatience ou les deux, s'enticher d'une cible qui ne lui correspond pas ! Qu'il soit un opérateur (en quête de build up), un investisseur ou un repreneur personne physique.
Je l'ai vécu notamment à Nantes avec un acquéreur nantais cadre-dirigeant d'un groupe, qui a été séduit non pas par la cible elle-même mais par le fait qu'elle se trouvait dans sa ville natale. J'ai réussi à l'en dissuader (en bon chien de garde) et nous avons fini, 3 mois plus tard, par trouver la bonne cible à Saint Nazaire, et à finaliser son acquisition.
Troisième volet, le financement : chien de garde de nouveau afin que le montage financier ne comporte pas trop de dette qui, en cas de « trous d'air » futurs pourrait devenir trop lourde à rembourser.
Être conseil à l'achat c'est donc non seulement être un chien de chasse efficace mais aussi un chien de garde vigilant et bienveillant qui sait dire « non » lorsqu'il sent le danger, afin de protéger son client. Dans tous les cas, partir à la recherche d'un build up ou d'une première reprise, c'est comme partir en haute montagne : il vaut mieux être accompagné !